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O1 - L’artillerie adopte l’acier et l’obus
 

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L’artillerie adopte l’acier et l’obus

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© Musée de l’Artillerie de Draguignan

De Reffye à de Bange

Contexte historique : 1870-1894

En août 1870, la défaite française de Sedan entraîne la chute du second empire. Le 4 Septembre, la république est proclamée. Cependant, sa résistance courageuse n’empêchera ni la défaite, ni la perte de l’Alsace-Lorraine, ni la révolte parisienne de la Commune. Habitée d’un esprit revanchard croissant, la IIIe République se lancera cependant dans la constitution d’un nouvel empire colonial à partir de 1881.

Les techniques de Guerre

Alors que les Prussiens conduisent la guerre de 1870-1871 avec une artillerie modernisée (tubes d’acier, culasses à vis, obus à gargousse), les canons du type la Hitte montrent leurs limites. En pleine guerre, les prototypes de Reffye (à culasse) sont produits et leur principe est adapté aux vieux canons de forteresse Gribeauval. Le système « D » français vient de créer le canon de Reffye de 138mm !

La modification du Canon de place Gribeauval en fait l’ancêtre commun

Le rôle du canon de place de Gribeauval était de prendre position sur des parapets placés sur les murailles des cités à défendre.

Pour échapper aux tirs ennemis, les canons étaient placés en hauteur, en arrière des banquettes de tir. La nuit, grâce à des points de repères relevés le jour et reportés sur le châssis, l’artillerie française pouvait tirer, alors que l’ennemi ne voyait rien.

Mis en batterie sur une plateforme de tir inclinée, destinée à absorber une partie du recul de la pièce au moment du tir, le canon était bloqué en position arrière par des cales de bois, le temps du rechargement.

Au retrait des cales, la pièce, par gravité, reprenait sa position de tir initiale.

En avance sur son époque, le canon de Gribeauval, dans sa version de 16 livres, sera la pièce de bronze suffisamment rustique et solide pour supporter l’adaptation de la culasse.

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Qu’est-ce qu’une culasse ?

À partir de la Renaissance, les pièces étaient chargées par la bouche. Ce principe obligeait à reculer le canon pour le recharger tout en démasquant sa position, sans compter le temps perdu par cette manœuvre. Ce sont les généraux Reffye et Treuille de Beaulieu qui eurent l’idée d’adapter un système mobile de verrouillage pour permettre le chargement des canons par l’arrière. Ce dispositif de verrouillage, révolutionnant le monde de l’artillerie, est appelé culasse.

On parle alors du système de Reffye.

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© Musée de l’Artillerie Draguignan

Ce schéma montre le retour en arrière dans la filière "bronze" pour aller de l’avant dans la filière "acier", avec le Gribeauval de 16 comme premier support de cette modernisation.

Le Système de Reffye

Auguste Verchères de Reffye est général de brigade et premier directeur de l’atelier de construction d’artillerie de Tarbes.

Chargé par Napoléon III de diriger les fouilles archéologiques pour retrouver Alesia et de reconstituer l’artillerie romaine, il s’intéresse surtout au développement du canon à balles, ancêtre de la mitrailleuse.

Reffye est à l’origine du premier canon en acier et de l’adoption de la culasse à l’arrière du tube, système mécanique de fermeture inventé par le général Treuille de Beaulieu La combinaison de celle-ci et de l’âme rayée offrent rapidité de chargement et précision du tir. La cadence moyenne est alors de trois coups par minute et la portée du tir de plus de 2000 m.

L’utilisation de l’acier a pour objectif d’alléger le tube et de simplifier la mise en place de la culasse.

L’emploi de l’obus est généralisé. Sa forme et son volume intérieur permettent d’augmenter son chargement en poudre. L’adoption de la fusée qui fait exploser l’obus à l’impact, ou sur la trajectoire, renforce le pouvoir destructeur des munitions.

Développée en secret dans les ateliers d’Issy-les-Moulineaux, sur ordre de l’Empereur, cette arme n’a pas les faveurs de la commission du général de la Hitte et n’est pas encore adoptée en 1870. Produits en pleine guerre et validés à partir de 1873 (Canon de 138mm modèle 1873), les canons à culasse de Reffye et Treuille de Beaulieu montrent la voie de l’avenir à l’artillerie française.

Culasse à coin ou culasse à vis ?

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© Musée de l’Artillerie de Draguignan

La culasse à vis est un dispositif majoritairement utilisé dans l’artillerie française. Elle se présente sous forme d’une vis à pans coupés, manœuvrée par une manivelle. Ce dispositif permet l’accès à l’intérieur du tube. Le modèle le plus connu est dû à Treuille de Beaulieu. La culasse à coin, utilisée dans différents pays européens, est plus massive. C’est un bloc d’acier, manœuvré par un levier, qui coulisse latéralement dans une glissière et qui démasque la chambre du tube. Le modèle le plus connu est celui conçu par les ateliers Krupp, à Essen en Allemagne.

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© Musée de l’Artillerie de Draguignan

Informations en complément pour internautes

La muséographie retenue pour cette zone cherche à illustrer au mieux l’analyse qui vous est proposée en cliquant sur ce lien.



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Amis du Musée de l'Artillerie à Draguignan