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5- Zone Jaune sable - Décolonisation - Guerre Froide - Opex
 

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5- Zone Jaune sable : De la fin de la 2è GM à la fin de la Guerre froide (1945-1990), puis Opex.

La fin de la 2è GM entraine la réduction et l’émiettement des forces ; l’accent est mis sur le reconstruction économique du pays. En 1949, l’affaire de Berlin redonne à la France un nouvel ennemi et des alliés, il faut moderniser nos forces pour participer à la bataille de l’avant sur le territoire allemand. C’est la guerre froide. Mais dans le même temps, la France est confrontée aux velléités d’indépendance en Indochine et en Algérie, qui vont mettre durablement nos forces en dehors de l’effort de modernisation en cours.

La décolonisation

En Indochine (1945-1954) on utilise, pour l’artillerie de secteur, les vieux matériels français (75 et des plus anciens). Pour l’artillerie d’intervention qui monte progressivement en puissance, on utilise le 105 HM2 hérité de la 2ème guerre mondiale. C’est aussi l’ère du mortier lourd de 120mm.

Les artilleurs sont aussi impliqués dans le combat d’infanterie à pied. Le commando Bergerol s’y est particulièrement distingué.

L’épisode le plus marquant, car héroïque et poignant est la bataille de Dien Bien Phu où l’artillerie se livre à un véritable duel. Le lieutenant d’artillerie coloniale Brunbrouck incarne la conduite héroïque des artilleurs pendant cette bataille.

A noter aussi l’action du BM/35 qui a aussi participé à cette bataille.

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En Algérie (1954-1962) : les conditions d’emploi sont comparables à celles de l’Indochine ; on retrouve :

  • une artillerie à pied faisant du combat d’infanterie,
  • une artillerie de secteur avec du vieux matériel remplacé progressivement par du 105Hm2 et les tous derniers matériels français comme le 105TF50 puis, en final, le 155 BF 50 ;
  • une artillerie d’intervention en appui des unités engagées dans les intervalles ;
  • enfin une artillerie valorisant les barrages aux frontières, en réalisant un couplage radars-canons.

Pour avoir une idée plus précise du rôle de l’artillerie en Algérie, cliquer ici.




Matériels majeurs présentés : En complément du 105 HM2 et des matériels déjà présentés ci-dessus, on trouve aussi :

Pour en savoir plus :

  • sur les matériels d’artillerie utilisés pendant la Guerre d’Algérie, cliquer ici ;
  • sur le stationnement des unités d’artillerie en Algérie, cliquer ici ;
  • sur l’artillerie en Afrique du Nord de 1954 à 1962, cliquer ici ;
  • sur les FTA en Afrique du Nord de 1954 à 1962, cliquer ici ;
  • sur les groupes ayant agi en Afrique du Nord, cliquer ici ;
  • sur l’artillerie en Algérie, se référer à cet ouvrage de la Fédération Nationale de l’Artillerie : "Artilleurs en Algérie : 1954-1962 ; un défi relevé" en cliquant ici.

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La Guerre froide

La Guerre froide suit de très près la fin de la 2ème Guerre mondiale. Les anciens alliés qui ont défait ensemble l’armée allemande nazie, vont se séparer en deux blocs : les forces du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et les forces Pacte de Varsovie. Les forces d’occupation stationnées en Allemagne sont alors séparées d’ouest en est, par une ligne de démarcation appelée "rideau de fer".

La France appartient d’abord à l’OTAN puis s’en retire tout en restant dans l’alliance, afin de développer une défense indépendante et rester maître de son destin. Elle développe sa propre artillerie nucléaire et modernise progressivement les matériels de l’artillerie sol-sol, l’artillerie d’acquisition, puis l’artillerie sol-air. Dans chacune des composantes de l’artillerie de la Guerre froide, on modernise au mieux des technologies existantes, pour atteindre un niveau de performances jamais atteint.

Pour des raisons faciles à comprendre (poids, encombrement), ces matériels ne sont généralement pas exposés dans cette zone. Certains, à tour de rôle, trouveront une place sur la partie ouverte et consolidée de la passerelle ("zone Noire"), où sur les parkings. Pour avoir plus d’informations sur ces systèmes, vous pouvez soit demander des projections, soit consulter sur internet les points indiqués en rouge.

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Artillerie nucléaire

L’artillerie nucléaire est une composante toute nouvelle, disposant d’abord de roquettes puis en suite de missiles. Pour la défense de la ligne de l’avant, en Allemagne de l’ouest, les américains dotent l’artillerie française du système d’arme HONEST JOHN dans l’artillerie divisionnaire en zone occupée. Le retrait de la France de l’OTAN incite au développement d’un système français au niveau du corps d’armée : le PLUTON, qui restera en service jusqu’à l’arrivée de son successeur : l’HADES. Ce dernier est intégré dans une grande unité lui apportant tous les moyens de défense et de soutien autonomes pour son déploiement et son entretien : la "Force Hadès".

A l’intérieur du musée, vous ne trouverez que des maquettes de ces matériels. Un missile PLUTON est exposé en "zone Noire". Dans ses réserves, le musée dispose d’un Honest - John au complet, d’un lanceur Pluton et d’un lanceur Hadès. Ils ne pourront être exposés qu’à de rares occasions.

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L’artillerie sol-sol classique

Le terme classique intervient à cette époque pour distinguer l’ancienne artillerie sol-sol de la composante nucléaire.

L’artillerie classique va mettre en service trois générations de matériels en même temps qu’elle va s’accorder sur les mêmes plateformes choisies pour les unités motorisées, blindées et mécanisées. La première génération met en ligne des canons tractés et automoteurs dans les deux calibres de 105 et de 155mm. Les automoteurs seront de la gamme AMX 13. Les moyens de transmission vont se moderniser, mais les moyens d’observation et de topographie ne connaîtront pas encore de grandes évolutions. Il faudra attendre la deuxième génération, limitée au calibre de 155mm, avec les châssis AMX30, pour voir exploser la modernité de l’artillerie, appliquée à tous les matériels qui concourent à la capacité du tir d’emblée (sans réglage)et à une manœuvre plus dynamique : navigation terrestre pour la topographie et la localisation, moyens d’observation tous temps et sur objectifs mobiles, intégration directe des paramètres dans un système de calcul et de transmissions de données, mises en œuvre des pièces facilitées par des automates etc. La troisième génération arrive avec des systèmes informatiques répartis à tous les niveaux, qui apportent la modularité des unités et la décentralisation de la conduite du tir. Le premier apport en ce sens coïncide avec l’arrivée du lance-roquettes multiple (LRM) et le système informatique ATLAS-LRM. Puis on adoptera le système ATLAS-CANON pour les unités à canons tractés (TRF1) et blindés (AUF1) reliées en "boucle courte" aux appareils de mesure (topographiques, aérologiques, balistiques) et aux moyens d’observation organiques. Le système ATLAS permettra aussi de relier ensemble les unités dotées de matériels diversifiés (canons, LRM), comme les unités spécialisées de l’artillerie d’acquisition pour réaliser la concentration des feux, au niveau des contacts, comme dans la profondeur du dispositif adverse.

Matériels présentés :

En raison de leur encombrement, mais aussi parce que certains matériels sont toujours opérationnels, il n’est pas possible de les entrer au musée. Certains matériels anciens (tractés ou automouvants) seront exposés en collections tournantes (en raison de leur restauration), sur la première partie de la passerelle d’accès.

  • une maquette du LRM (lance-roquettes multiples) ; un LRM sorti du service avec l’arrivée du LRU est exposé en extérieur, sur le bord de l’avenue de la Grande Armée.
  • des maquettes de canons sont en cours de réparation.

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L’artillerie d’acquisition

L’artillerie d’acquisition va chercher en permanence à mettre en œuvre les moyens de trouver les objectifs pour l’artillerie nucléaire et classique, en accord avec les portées désormais atteintes. Au départ, elle est dotée majoritairement de radars de surveillance de l’espace terrestre, puis elle va donner à l’artillerie la juste compensation de la suppression de l’aviation d’observation, en développant des engins volants de nouvelles natures (avions à réaction, missiles, drones, radar héliporté [1]). Elle est la digne héritière de l’ancienne composante du repérage, comme elle, elle contribue au renseignement de l’artillerie. Mais à un point tel que ses capacités va attirer la convoitise d’une nouvelle composante des forces terrestres : le Renseignement (l’histoire ne cesse de se renouveler). Avec la géographie militaire, elle va rejoindre la Brigade Renseignement. Fort heureusement, l’existence de systèmes de commandement informatisés intégrés à tous les niveaux permet de conserver le lien avec ces composantes indispensables aux artilleurs.

Les matériels présentés : Il n’y a rien dans cette zone (trop basse sous plafond). Voir à l’étage en "zone grise" :

  • un avion télépiloté MART,
  • un drone Crécerelle. Sur la passerelle d’accès au musée (collections lourdes tournantes) :
  • une radar de surveillance du sol (SDS).

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L’artillerie sol-air

Héritière en droite ligne de la DCA, l’artillerie sol-air va connaître aussi, bien avant les autres composantes, une grande modernisation. Initialement dotée uniquement de canons hérités de la 2nde Guerre mondiale, elle va progressivement abandonner le canon pour passer intégralement aux missiles. Elle va ainsi constituer trois familles de systèmes complémentaires afin d’assurer au mieux la protection aérienne des troupes au sol. Le système SAMP-HAWK (sol-air moyenne portée) offre la plus large couverture, mais manque de mobilité. Il est complété par le SACP-ROLAND (sol-air courte portée) dont la mobilité tactique permet de protéger le corps blindé-mécanisé en déplacement ; la mobilité stratégiques est aussi acquise par une version de ROLAND aérotransportable (CAROL). Enfin le système SATCCP MISTRAL (sol-air très très courte portée) apporte, par sa légèreté, un complément d’emploi au profit de la défense de points particuliers et notamment en zone urbaine.

La mise en place du système MARTHA va donner à toute l’artillerie sol-air les moyens de coordonner l’action entre tous les systèmes mais aussi avec les autres intervenants dans la troisième dimension.

Les matériels présentés :

  • un missile éclaté du Hawk avec un poste de tir de section ;
  • une maquette du dispositif représenté par une batterie Hawk ;
  • une maquette du ROLAND - AMX30 ;
  • une maquette du ROLAND-CAROL ;
  • dans une vitrine, une maquette du Nike ;
  • dans la zone suivante (OPEX) un poste de tir MISTRAL.

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Les OPEX

Pendant et après la Guerre froide, les grands blocs renoncent à s’affronter, mais des conflits latéraux (combats dits asymétriques) éclatent et exigent des interventions avec des moyens souvent réduits selon le lieu et la nature du conflit, et la mission reçue (aide humanitaire, interposition, affrontement). Les actions conduites se font soit à l’initiative du niveau national (intérêt particulier ou accords de défense), soit dans la cadre d’un engagement multinational (ONU, OTAN, alliances conjoncturelles).

Les épisodes les plus marquants, avec un engagement de l’artillerie, sont :

  • le Hawk au Tchad : en 1976 destruction en vol d’un Tupolev libyen (les résidus en sont visibles sur la dalle à l’extérieur du musée.
  • Le 155 Am F3 au Liban,
  • Le 155 TR F1 et le MART pendant la guerre du Golfe (1991)
  • L’intervention des 155 Au F1 au Mont Igman en Bosnie (1995).
  • Le Mistral sur plusieurs théâtres en raison de sa mobilité stratégique.

Dans les conflits les plus récents, le niveau du combat est de plus en plus intense, sur des théâtres de plus en plus lointains et pour lesquels de nouveaux matériels s’imposent (Caesar, drones, etc.).

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[1] Le besoin exprimé par l’artillerie va intéresser au plus haut point l’ALAT, qui va récupérer le système.






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Amis du Musée de l'Artillerie à Draguignan